12/04/2009

Carine Russo: Lettre ouverte au Procureur Général de Liège

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Lettre ouverte au Procureur Général de Liège

Concernant le refus du Juge Langlois de faire procéder à l’analyse des 6000 cheveux

Mercredi, 13 juin 2007

 

Monsieur le Procureur Général,

Nous ne connaissons pas tout des codes judiciaires, et, juridiquement nous ne sommes pas parties à la cause des enfants assassinés.Mais nous ne l’étions pas plus lorsque nous avons marché dans les rues de Bruxelles, le 20 octobre 1996.
Et tout en respectant profondément l’Etat de droit, nous désirons montrer qu’il existe encore des membres de la société civiles qui refusent la clôture du dossier concernant l’enlèvement, la séquestration et la mort de Julie et Melissa, An et Eefje, et l’enlèvement et la séquestration de Sabine et Laetitia.

Et nous le demandons non seulement parce que nous voulons vivre dans une société où la sécurité des enfants et des citoyens ne peut exister sans la recherche constante de la vérité, mais également parce que nous voulons avoir affaire à une justice qui se respecte elle-même.

Envoyer aux oubliettes, sous prétexte que plus personne ne s’en émeut, toutes les questions reléguées automatiquement au dossier appelé « bis » parce qu’elles concernaient des présences et des complicités d’autres personnes que celle jugées à Arlon, serait pour la justice une façon de donner à penser à la société qui lui a donné mission, qu’elle est incapable de rigueur, de logique, de constance et de consistance, et que finalement elle n’a que peu d’intérêt, elle-même, à poursuivre le crime, dès qu’on ne la regarde pas.

Laissez nous d’abord vous dire que nous ne faisons pas l’erreur d’appeler du nom de « dossier bis », expression employée par la presse, ce qui aurait dû être le prolongement de l’instruction, puisque si l’on s’en tient aux arrêts de la Chambre des mises en accusation il ne s’agit que de poursuites disjointes de celles qui ont amené les quatre inculpés connus à la Cour d’Assises d’Arlon. L’arrêt disait en effet ni plus ni moins que « cette disjonction a pour effet d’éviter de prolonger au-delà du raisonnable la durée des diverses détentions préventives, sans pour autant qu’elle n’empêche que soient découvertes ultérieurement d’éventuelles nouvelles charges à l’égard des dites personnes...etc.. » Ces poursuites contre « x » consistaient à relever tous les indices de présences et de complicités d’autres personnes. Dans cet esprit, les analyses des 6000 cheveux et des micro-traces, pour essentielles qu’elles soient ne constituaient qu’une partie de ce qui devait être le prolongement logique de l’instruction du dossier 86/96.

A l’argument qui consiste à dire que ces analyses sont inutiles, argument employé, selon la presse, par le juge Langlois dans son rapport, nous sommes stupéfaits de voir que n’a pas été fait, en plus de 10 ans, le travail de relever, dans les témoignages repris au dossier, les noms des personnes dont la présence est attestée dans les véhicules ou les lieux ayant servi aux enlèvements, transports, séquestrations, tortures et assassinats, à Marcinelle, à Jumet et ailleurs, personnes sur lesquels un prélèvement d’ADN aurait rendu opératoire une comparaison systématique avec l’ADN des cheveux.

A l’attitude qui consiste à opposer le coût de ces analyses à la démarche scientifique qui, dans d’autres circonstances ou d’autres pays, se montre d’une réelle efficacité dans la résolution d’affaires de moeurs et de meurtres d’enfants, nous pouvons répondre qu’une enquête qui a duré neuf années, employant des moyens humains et matériels hors du commun ne devait pas aboutir à un procès où des enquêteurs sont venu dire sous la foi du serment qu’on les avait empêché de travailler.
Cette enquête « coûteuse » ne devait pas aboutir à un procès d’assise où des questions cruciales restaient encore à poser.
C’est l’avocat général, Andries, lui-même, qui a dû rappeler neuf coïncidences qui si elles avaient été prises en compte auraient donné un coup de projecteur sur les complicités autour de Dutroux. Pour l’enlèvement de Julie et Melissa, il citait la non prise en considération des premières pistes, des premiers témoignages et du comportement du chien pisteur arrivé sur les lieux quelques heures après l’enlèvement et la fameuse piste des « fiesta rouges ». Il y ajouta, pour l’enlèvement de An et Eefje, la non prise en considération des coïncidences reliant les relations « d’affaire » de Dutroux et Dutroux lui-même à l’hôtel Brazil de Blankenberge devant lequel An et Eefje avaient été vues l’une des dernières fois.
Les réponses, elles, furent renvoyées au dossier prolongé appelé « bis ».
Soit.
Mais alors le dossier bis aurait dû être instruit.

Il est évident, Monsieur le Procureur Général, que nous approuvons votre décision d’aller en appel contre le refus du juge Jacques Langlois.

Mais, sans illusion, ne pouvons qu’exprimer un vœux pieux sur la continuation de l’enquête.

Si le juge Langlois exprime des doutes dans son rapport concernant l’origine des cheveux et des micro-traces qui seraient « sans doute » celles laissées sur les lieux par les enquêteurs et visiteurs après le 15 août 1996, nous considérons que ce « sans doute » est en contradiction totale avec une attitude objective d’enquêteur qui doit tout vérifier, et pensons que cette instruction du dossier appelé « bis » aurait « sans doute » plus d’avenir et d’efficacité si elle était confiée à d’autres mains que celles de celui qui vient de se mettre lui-même hors course.

Carine Russo

Lettre Ouverte

 


LINKS:

- Droit Fondamental
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- Georges Zicot (l'affaire Dutroux) et le réseau de Zandvoort
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PHOTOS: Marcel Vervloesem (le membre du Werkgroep Morkhoven qui a mené à la découverte du réseau Zandvoort - il était poursuivi pendant 11 ans et enfermé en prison où il risque de mourir), Tinny Mast (la mère de Kim et Ken - elle était harcelée pendant des années - Kim était retrouvée morte, Ken n'a jamais été retrouvé), Anne-Marie Lizin (senateur du PS - harcelée pendant des mois, même après son opération de coeur), Gina Bernard-Pardaens (le collaborateur du RTBF - avec Marcel Vervloesem à la recherche du garçon allemand, manuel schadwald - harcelée et menacée avec la mort pendant des mois - assassinée), Carine Russo (l'affaire Dutroux - la mère de Mélissa qui est retrouvée mort - elle avait une lutte interminable avec la Justice qui n'examinait pas les affaires), Victor Hissel (l'affaire Dutroux - l'avocat des parents de Julie et Melissa - il démontrait l'existence des réseaux pédocriminelles dans l'affaire Dutroux mais il était obligé de se retirer de cet affaire parce que le fonctionnement lui était fait impossible - harcelé et discrédité - sa famille a été détruite - poignardé par son fils)

Commentaires

Carine Russo
Deux ans après son entrée en politique, Carine Russo jette l’éponge et démissionne de son mandat de sénatrice. Ecolo a confirmé l’information vendredi après-midi. La mère de Melissa Russo, l’une des petites victimes de Marc Dutroux, avait été sollicitée en 2007 par les verts pour se présenter au Sénat. A la quatorzième place, elle avait alors obtenu 57 747 voix de préférence (deux fois plus que le second de la liste, José Daras) et avait été ensuite cooptée à la Haute Assemblée.

En principe, l’annonce de la démission de Mme Russo aura été faite officiellement vendredi soir au Conseil de fédération d’Ecolo. Mme Russo n’avait toutefois pas l’intention d’être présente à cette réunion. Elle a envoyé une lettre au parti destinée à être lue par le secrétaire du Conseil de fédération devant les délégués, un texte qu’elle n’a pas souhaité rendre public.

Son état de santé mais aussi les difficultés qu’elle éprouve à se fondre dans la vie politique et parlementaire expliquent son choix. Pour ce que l’on en sait, elle exprime dans sa lettre son regret d’avoir dû prendre une telle décision. « Je regrette de vous annoncer que je n’irai pas plus loin que les deux années écoulées », commence-t-elle.

Outre ses problèmes de santé, sur lesquels elle ne s’étend pas, elle évoque la difficulté à se retrouver dans une vie politique et parlementaire trop formelle et trop procédurale. Cette vie comporte un niveau d’exigence dont elle n’avait pas conscience et qu’elle ne parvient pas à atteindre malgré ses efforts. « Je n’ai de goût que pour l’utile, pas pour le pouvoir », ajoute Mme Russo. Selon le coprésident Jean-Michel Javaux, « Carine Russo n’était pas aussi présente qu’elle l’aurait voulu. Après avoir mis en balance le poids de la charge avec ce que cela lui apportait, elle a estimé à mi-mandat que cela pouvait être l’occasion de donner sa chance à quelqu’un d’autre ».

Pour autant, la sénatrice n’est pas amère. Elle insiste sur son engagement et la sympathie qu’elle continue à éprouver pour Ecolo. Au parti, l’on dit respecter ce choix. « Elle a vraiment fait le maximum pour remplir le contrat, mais nous comprenons que c’est une femme de terrain qui a eu des difficultés à s’adapter aux réalités politiques », a souligné le porte-parole d’Ecolo. Elle continuera par ailleurs à être active au sein du mouvement, notamment en travaillant sur la problématique de l’univers carcéral, en lien avec le monde associatif.

Il y a un an déjà, la Liégeoise avait fait part de son malaise par rapport au monde politique. Déçue par le fonctionnement des institutions et des partis, elle précisait en novembre dernier, dans une interview aux journaux du groupe Sudpresse, qu’elle pensait tous les jours à arrêter. La charge de travail lui paraissait également trop lourde et, après un an, elle avait dû lever le pied. « Au début, pendant un an, le fait de combiner les deux a été très difficile. Quand j’ai senti que je prenais des risques avec ma vie familiale, j’ai dû revoir les choses, éliminer des réunions du soir qui ne servaient pas à grand-chose. L’essentiel, à mes yeux, c’est de préserver ma vie de famille. Sans elle, ce serait la fin de tout. Je n’y renoncerai jamais : pour moi, il y a la famille et les amis », déclarait-elle alors.

A 47 ans, Carine Russo tire donc aujourd’hui un trait sur sa carrière politique. Un appel à candidatures sera lancé pour pourvoir à son remplacement. Le conseil de fédération devrait alors trancher dans les prochaines semaines.

La Libre Belgique Mis en ligne le 12/09/2009

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La maman de Mélissa figure à l’avant-dernière place sur la liste Ecolo au Sénat. Un choix du coeur. Carine Russo vote pour les verts depuis qu’elle a l’âge de voter.

portrait de candidat

Ecolo a contacté Carine Russo au début du mois d’avril pour lui demander de figurer sur la liste du Sénat. La maman de Mélissa n’a pas répondu tout de suite. Elle avait prévu de partir en vacances durant les quinze premiers jours du mois et ne voulait pas perturber son séjour. Mais elle n’a pas hésité très longtemps. « Nous étions dans le sud de l’Italie, avec des amis, explique-t-elle. Là, nous avons été confrontés à la pauvreté, au chômage. Et puis, quel étrange climat. Alors qu’en Belgique, on se croyait comme en été, en Italie, il faisait mauvais, la nature avait un mois de retard. L’inquiétude environnementale portée depuis si longtemps par Ecolo, nous la vivions concrètement. A mon retour, j’ai dit oui. »

Carine Russo n’a pas dû se faire violence. Ecolo, c’est comme un choix du coeur. « La première fois que j’ai pu voter, en 1982, j’ai accordé ma voix à Ecolo. A l’époque, je rentrais dans la vie adulte. Je venais de me marier, je voulais des enfants. Je trouvais que le projet politique d’Ecolo correspondait aux rêves que j’avais. Mes rêves ont été brisés en 1995. Mais j’ai continué à voter pour Ecolo. »

Une page se tourne

Le compagnonnage avec les verts ne date pas d’ailleurs d’hier. En 1999 déjà, Carine Russo avait apporté son soutien aux listes Écolo. Mais de l’extérieur. Elle n’avait pas voulu s’engager plus activement à l’époque. « Écolo m’avait proposé une place sur ses listes. Mais j’estimais que j’avais encore d’autres choses à faire par rapport à notre propre parcours judiciaro-médiatique. » En 2003, elle n’avait cependant pas réédité l’expérience. « Nous étions à un an du procès Dutroux. C’était une période très difficile. Nous voulions nous concentrer sur le dossier. »

Pour Carine Russo, son engagement, actif aujourd’hui, au service d’Écolo est une façon de tourner une page. « Je renonce en quelque sorte à vouloir changer les choses sans les structures. Les structures existent, on n’y échappe pas. Et cela, je l’ai accepté. Cela ne veut cependant pas dire qu’il faut renoncer à vouloir les changer, à les rendre plus démocratiques. En ce sens, je prolonge mon combat. On peut donc dire que ma réflexion a évolué. Mais une rupture brutale, cela non. C’est impossible après tout ce que j’ai vécu. »

Carine Russo part à l’aventure. Placée à l’avant-dernière place juste devant Jacky Morael, elle est incapable de dire si elle sera élue ou non. « Ce serait assez inespéré, dit-elle simplement. La quatorzième place n’est en principe pas une place éligible. Ce n’est pas pour cela que je suis là de toute façon. Je ne voulais pas une place de combat sur la liste. Je suis une candidate d’ouverture, indépendante, qui souhaite aider Ecolo à faire avancer son projet. » Carine Russo ne fera d’ailleurs pas la campagne en professionnelle de la politique. Elle ne va pas bouleverser sa vie. « Ma campagne à moi, c’est mon engagement. »

Jusqu’au bout de l’aventure

Carine Russo concède qu’elle n’a pas d’expertise politique particulière et qu’elle se soucie assez peu des stratégies de parti, des hypothèses d’alliance. « Mon seul bagage politique, c’est mon vécu. » Elle avoue n’avoir pas une connaissance approfondie du programme d’Ecolo. « J’ai parcouru ce programme naturellement, dit-elle. Il y a là de bonnes idées. Mais quand on m’interpelle sur un thème environnemental, je renvoie la question vers les experts du parti. Cela fait 25 ans qu’Ecolo traite de ce domaine. Sur l’environnement, on peut leur faire confiance. »

La candidate ne refusera cependant pas une place au Sénat si les électeurs la plébiscitent. « J’irai au bout de l’aventure. » Qu’y ferait-t-elle ? Elle dit vouloir s’intéresser aux thématiques sociales. La situation des sans papiers en particulier. Et tout ce qui touche les jeunes, leur avenir, leurs conditions d’existence, leurs difficultés. « Il y a tellement de désarroi dans la jeunesse. Cela me brise le coeur. »

Et si Carine Russo n’est pas élue, poursuivra-t-elle son compagnonnage avec Ecolo ou y mettra-t-elle fin ? « On verra, lâche-t-elle . Depuis 1995, je ne suis plus capable d’élaborer des projets sur le long terme. »

vincent rocour – La Libre Belgique, 11/05/2007

Écrit par : Yves | 12/09/2009

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